Gérer la complexité : une nouvelle façon de réussir sa vie?

Comme Mr Jourdain en son temps avec la prose, nous vivons dans la complexité sans le savoir. Le nombre de paramètres que nous intégrons dans nos moindres décisions au quotidien donnerait le tournis à quiconque prendrait le temps de s’y arrêter. Le monde va vite, nous suivons tant bien que mal. Et si nous nous posions pour voir ce qui se passe ?

besoin de solution innovante pour gérer la complexite

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L’après-guerre marqua une rupture majeure dans la société occidentale et dans le rapport au travail en général. Le taylorisme en place depuis la révolution industrielle au 19iéme siècle consistait, schématiquement, à considérer que le chef avait toujours raison, qu’il savait et que les autres étaient là pour exécuter ce qu’il disait. Peut-être encore plus en vogue dans les familles que dans les équipes, il faudra attendre le libéralisme pour briser ce dogme. En voici les grandes étapes.

1 – Années 1960 – La technologie au service du quotidien

Pour la première fois, la technologie  quitte le militaire pour se mettre au service du civil. La majorité de ce qui fait notre monde d’aujourd’hui a été imaginé, conçu ou créé à cette époque.

C’est l’époque de la folie des grandeurs technologiques. L’homme fait ses premiers pas sur la lune, le ferroviaire lance un train à grande vitesse, les téléphones ont encore un fil à la patte mais plus pour longtemps, la télévision prend des couleurs et le nucléaire devient la solution pour assurer la demande toujours croissante en électricité.

2 – Années 1980 – La liberté, base d’une nouvelle société

C’est l’époque où arrive dans le monde du travail la première génération à n’avoir jamais connue les privations de la guerre, à n’avoir jamais eu besoin de se battre pour survivre. Faisant voler en éclat les codes d’une société dans laquelle ils ne se reconnaissent pas et à laquelle ils ne veulent pas adhérer, ils lancent la rébellion. Les premières radios libres véhiculent massivement ce nouveau mot d’ordre sans contrôle des autorités. En ce sens, ils sont les précurseurs d’internet.

C’est l’époque d’une nouvelle vague ou new wave. La jeunesse invente une autre manière de vivre, pleine de liberté, de couleur, de musique et de joie. La notion du plaisir de vivre semble faire son apparition pour la première fois. L’individualisme devient la règle de vie. Dorénavant, les loisirs ne seront plus seulement une récompense pour les travailleurs, mais un droit inaliénable, partie intégrante de la vie.

3  – Années 1990 – Les relations, un besoin de communication

Le mouvement libertaire a ouvert les portes et fait tomber les cloisons. Vient alors le moment de mettre un cadre pour que liberté ne soit pas synonyme de n’importe quoi. ON commence alors à s’intéresser au comment les choses sont dites et faites. La forme devient plus importante que le contenu. La qualité des relations se hisse au rang jusqu’alors sacré de l’efficacité des résultats.

Pour les chefs, cela devient compliqué. Comment être libéral et encadrant en même temps ? Si les parents font de leur mieux, les entreprises mettent à disposition de leurs grands managers, les outils dont ils ont besoin. Le coaching en est le vecteur. A cette époque, seul un coach extérieur pouvait se permettre d’expliquer à un grand patron qu’il convenait de changer sa manière d’être et de faire… 

4 – Années 2000 – Le changement, un état qui devient permanent

La remise en cause orchestrée par le coaching développe la capacité de changer. Le changement devient le seul état permanent dans les entreprises et dans la société elle-même. Internet favorise cette dynamique qui consiste à reconsidérer ce que l’on a toujours crû être le bon (et le seul?) mode de fonctionnement. La différence chez les autres remet en question ce statut quo.

La diversité est à l’honneur et devient vecteur de changement. Pour construire quelque chose de nouveau, on a besoin de regards extérieurs, qui, parce qu’ils voient la vie autrement, nous aident à percevoir des solutions jusqu’alors inaccessibles.

Pour grandir et avancer dans ce monde, il convient dorénavant d’être à la page des meilleures pratiques. Ceux qui réussissent deviennent l’exemple à suivre. Internet les met à la portée de tous ouvrant la possibilité de réussir à tous.

5 – Années  2010 – L’innovation, le chemin vers un monde meilleur

La diversité conduit à l’innovation. Le changement suppose la création d’un meilleur encore inaccessible et, de ce fait, inconnu. L’appréhension de cet inconnu suppose une capacité à innover. Contrairement aux années 1960, nous dépassons le cadre de l’innovation technologique. L’innovation, créatrice de valeur se situe dorénavant dans la manière de produire, dans la manière d’être en relation avec les autres, dans la manière d’être en relation avec soi-même.

C’est l’avènement des notions d’environnement, de développement durable. Même si, à ce stade, il s’agit avant tout d’un discours marketing sous-tendu par des enjeux d’image de marque et de finances, l’idée fait son chemin et le mouvement s’inscrit dans le futur.

6 – Année 2020 – Le sens, contribuer au monde et être utile

Le monde de l’entreprise ressemble à la société dans laquelle il s’inscrit. Les aspirations personnelles rejoignent le milieu professionnel, qui lui, n’est pas encore équipé pour les recevoir, les gérer et ne sait pas répondre aux attentes qu’il crée. C’est en donnant du sens à ses actions que l’on peut choisir la vie que l’on veut pour soi-même. Le particularisme qui rend chacun de nous unique, entre alors dans la conception du « réussir sa vie ».

Le modèle unique de réussite en place depuis la nuit des temps est détrôné par la création d’un nouveau prenant en compte toutes les dimensions de l’être humain. Si j’osais, je dirai que nous passons du modèle de réussite masculin à celui du réussir au féminin. Mais ceci est une autre histoire, l’avenir que nous sommes actuellement en train d’écrire, nous le dira…

On ajoute à chaque étape une couche aux mille-feuilles des compétences attendues des leaders. Qui dit leader, dit également parents et de manière générale, tout un chacun qui veut rester adapté à la société dans laquelle il vit. La gestion de la complexité est la capacité de gérer en cohérence l’ensemble du mille-feuille.

 

Et vous, comment décririez-vous la complexité dans laquelle vous vivez ? Qu’est-ce qui la rend difficile à vivre ? Qu’est-ce qui la rend intéressante?

Laissez votre avis dans les commentaires prévus à cet effet à la suite de l’article.

 

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