Comment le Gospel parvient-il à créer une telle joie ?

New York City. Pour les enfants, c’était un rêve. Pour moi, c’était l’occasion de découvrir le Gospel grandeur nature. Je fus impressionnée par la capacité à développer si rapidement une joie profonde et partagée, que je reçus comme un cadeau. Comment m’en inspirer pour créer autour de moi une telle joie ?

Time Square Church, New York City

En avance sur l’horaire, nous arrivions à l’adresse indiquée avec la vague appréhension de nous être trompés. Devant nous, se trouvait l’entrée d’un théâtre feutrée de tapis épais et agrémentée de boiserie dorée. Les gens allaient et venaient comme pour un soir de première. Etions-nous réellement dans une église ?

La salle elle-même était digne de l’Opéra Garnier avec fauteuils de velours rouges, tentures brodées et rideau de scène. Une dame d’un certain âge s’approchait déjà de nous pour nous placer et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous étions installés au troisième rang.

Encore sous le charme de cette salle somptueuse, nous prenions nos aises dans ce lieu si peu ecclésiastique. Le rideau de scène se baissa et avant qu’il ne se relève, la magie opéra. Les voix tonitruantes du Gospel emplissaient le théâtre de leur joie rayonnante. Comme un seul homme, la salle se leva, tapant dans ses mains, dansant d’un pied sur l’autre.

Stupéfiée par leur capacité à transformer une salle de près de 500 inconnus en une pièce vibrante d’énergie, de joie et d’espoir, je me demandai quelle alchimie fantastique avait permis ce tour de force.  

1 – L’environnement – Confort et harmonie du lieu

En absorbant les bruits, la salle apportait un confort que les fauteuils moelleux ne faisaient que confirmer. Malgré nos voisins par centaines, nous avions le sentiment d’être chez nous, presque comme assis au coin du feu. Les tentures magnifiques, l’éclairage indirect et doux, la tenue jaune canari de nos hôtesses, tout nous rappelait que nous étions ici les bienvenus et que notre confort importait à nos hôtes.

Détendus, en sécurité, confortables, nous étions prêts à accueillir et à recevoir ce qui allait nous être donné.

2 – L’accueil – Prévenance et discrétion

Au-delà de l’accueil guilleret de notre hôtesse, il y avait dans ses questions, deux informations majeures qui avaient orienté son choix pour nous.

La première consistait à savoir si c’était notre première fois et donc si nous avions besoin d’être entourés pour nous sentir à l’aise dans ce monde inconnu pour nous.

La deuxième consistait à connaître notre engagement dans la démarche. Le simple fait de choisir de rester jusqu’au bout fît de nous des « engagés ».

Continuant son verbiage sympathique, notre hôtesse nous conduisit donc sur le devant où nous étions encadrés de par et d’autre par des membres de la paroisse. Nous n’avions qu’à les suivre et faire comme eux. Au milieu d’eux, leur présence nous permettait de nous sentir chez nous.

3 – L’ouverture – Diversité, différence et intégration

L’église recevait de nombreux visiteurs de provenance ethnique, raciale, et mondiale très disparate. L’intégration discrète de cette diversité se faisait sans que jamais ne soit soulevée leur spécificité, sans leur donner le sentiment d’être différent.

Le truc consistait à garder des places réservées pour ces visiteurs de manière à pouvoir les intégrer au fil de l’eau au milieu des paroissiens. La réservation était marquée par l’absence de bible et par un fin ruban blanc. L’un comme l’autre, ces signes étaient suffisamment discrets pour passer inaperçus par les visiteurs et leur donner le sentiment d’avoir de la chance d’être aussi bien placés.

L’intégration était parfaitement orchestrée, la discrétion de mise et la prévenance naturelle et joviale. La différence était attendue, souhaitée, accueillie sans n’être jamais évoquée.

Jamais, je n’avais encore été accueillie pour ma différence avec autant de tact.

4 – Le partage – Mise en mouvement et création d’une communauté

Je reste encore admirative de la rapidité avec laquelle nous sommes passés de centaines de personnes occupées à ne rien faire, chacune dans son coin, en une communauté volontaire et vibrante, unie sur une seul et même objectif : chanter. Nous avons à peine eu le temps de lever le nez que nous étions en mouvement, et que ce mouvement nous fédérait et nous rassemblait.

Ici, l’action pour entrer dans cette communauté était facile et agréable. Elle n’en était pas moins engageante car elle passait par le corps. Le grand écran au-dessus de la scène affichait les paroles, permettant ainsi à chacun de les suivre et de s’engager un peu plus dans l’action.

Nous étions à la fois sur une piste de danse, à un concert de rock et au karaoké. Même mes enfants, qui ne côtoient ni le chant ni l’anglais au quotidien, mettaient tout leur cœur à contribuer en donnant le meilleur d’eux-mêmes.

5 – L’adhésion – Mettre du sens et éclairer le chemin

Bien qu’en phase avec cette communauté, je n’en partageais pas la foi religieuse. Néanmoins, le choix de leurs mots, le chant et l’ouverture dont ils faisaient preuve me permettait de retrouver une adéquation avec mes propres croyances, d’y mettre mes propres intentions. En remplaçant le mot « Seigneur » par le mot « Univers », je retrouvais beaucoup de la loi de l’attraction qui m’est chère.

J’étais profondément attendrie par la ferveur de nos voisins, membres de la paroisse. Ils vivaient les chansons avec leur cœur, du fond de leur corps, vibrant au plus profond d’eux-mêmes les mots qu’ils prononçaient avec ardeur. Ils vivaient chaque parole la laissant résonner en eux.

L’atterrissage dans la vie moderne, au cœur de l’effervescence anonyme de Time Square, nous laissa quelque peu azimutés. Comme à la sortie d’une belle expérience dont on aimerait prolonger la magie…

Et pour vous, quels sont les ingrédients qui conduisent à une joie profonde ? Comment les mettez-vous en œuvre pour faire émerger une intense joie de vivre dans votre quotidien?

Partagez votre avis dans les commentaires prévus à cet effet à la suite de l’article.

 

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2 thoughts on “Comment le Gospel parvient-il à créer une telle joie ?

  1. Bonjour Madame,

    Si je me permets de vous écrire, c’est que votre post m’a rappelé un moment merveilleux que j’ai vécu un dimanche d’août 1989…

    Je faisais mon stage de fin d’étude aux Etats-Unis (en Floride). Un ami faisait le sien à New-York. Ne connaissant pas cette ville, je suis allé passer le week-end chez lui. Le dimanche matin, sommes allés à un Gospel dans Harlem.

    Lors de l’office, j’ai vécu des moments merveilleux. Je pense notamment à mon voisin qui n’arrêtait pas de dire « Amen ». A l’époque, je ne parlais pas aussi bien américain que maintenant ; et je pensais qu’il disait « Et Mec » !

    A la fin de l’office, nos voisins nous ont demandés comment nous repartions. Quand ils ont sus que nous repartions en métro, ils ont tenus à nous raccompagner jusqu’à la station. Là, sur le quai, ils ont bien insistés pour que nous restions à un endroit bien précis : « Safe Area »…

    Voyez, ce moment date de plus de 20 ans, et je le revois comme si c’était hier…

    Très belle journée à vous,
    Bertrand T

    • Merci Bertrand pour ce beau temoignage plein d’émotions.
      Le Gospel porte en lui une magie qui lui est propre qui ne peut laisser indifférent.

      Vous me voyez ravie d’avoir fait renaître en vous d’aussi beaux moments.

      En vous souhaitant une bonne journée
      Benedicte