COMMENT SE CONSTRUIT NOTRE CULTURE PERSONNELLE?

Une fois dépassé le stade des stéréotypes, la culture est invisible. Elle se construit des différents environnements dans lesquels nous baignons. Souvent inconsciente, la culture n’en détermine pas moins nos relations avec les autres et le regard que nous portons sur la vie. En ce sens, elle peut représenter bien des enfermements. S’en libérer suppose de la dépoussiérer en l’enrichissant d’autres cultures. Encore faut-il savoir où chercher…

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Selon l’UNESCO,  la culture englobe les modes de vie, les systèmes de valeurs, et les croyances.Elle représente l’ensemble des traits distinctifs, qui caractérisent une société ou un groupe social.

Par extension, tout ce qui représente notre système de valeurs et nos croyances sociologiques constituent notre culture personnelle. On distingue quatre grands types de cultures que chacun de nous a intégrés au fil du temps.

1 – Culture familiale 

Le premier groupe social auquel nous appartenons est celui de la famille. Que cette dernière soit considérée au sens restreint ou au sens élargi du terme, elle transmet sa culture à tous ses membres.

La culture familiale détermine les croyances sur la vie et sur soi-même. Le système de valeurs qui en découle colore très souvent notre regard sur le monde, que ce soit en positif ou en négatif.

Les croyances sur soi-même touchent à la valeur de soi (confiance en soi, droit de prendre sa place), à l’amour de soi (estime de soi, être digne d’être aimé). Les croyances sur la vie concernent le droit à réussir (droit à être visible, rapport à l’argent), la relation au plaisir (vie difficile / joie de vivre).

2 – Culture nationale

La culture nationale correspond à celle du pays d’origine. Elle est transmise en partie par la famille mais également par les traditions, les rituels et la société environnante. Quand on vit longtemps dans un pays étranger, il n’est pas rare d’intégrer également la culture du pays d’accueil.

La culture nationale construit les croyances sur l’autre et sur les relations sociales. Elle sépare en particulier ce qui est bien de ce qui est mal, influençant le droit à la différence (collectivisme, individualisme) et le mode de communication (direct, indirect).

Les croyances sur l’autre touchent à la valeur que l’on accorde à ce qui est extérieur à soi (confiance en l’autre, confiance en la vie) et à notre positionnement (inférieur, supérieur, à parité). On y retrouve les valeurs liées à l’évolution sociale telles que le rapport à l’argent, le droit de réussir et le droit de montrer cette réussite.

3 – Culture professionnelle

La culture professionnelle est celle de la profession. Chaque filière porte ses propres atouts et difficultés ce qui influencent ses valeurs et ses croyances. Nous portons également la culture de l’école ou de l’université où nous avons été formés, culture souvent galvanisée par le réseau des anciens.

La culture professionnelle se nourrit des croyances de la société à son égard et des valeurs portées par la profession. Elle est la combinaison de ces regards externes et internes.

La croyance d’une hiérarchie entre les métiers sépare les métiers socialement valorisés des autres. Le système de valeurs de la profession s’articule autour de valeurs financières, humaines et techniques.

4 – Culture d’entreprise

La culture d’entreprise est celle de l’organisation au sens large. Indépendante de la notion de profit, elle s’applique aussi bien aux services étatiques, aux associations qu’aux entreprises privées.

La culture d’entreprise définit le mode de fonctionnement de la structure, en particulier celui des équipes et des individus. Son système de valeurs est décrit au travers des règles de gouvernance et de management.

Elle définit le mode de prise de décision (délégation,  descendant/ascendant) et le mode de circulation de l’information (de qui et comment reçoit-on les informations).

Les cultures familiales, nationales, professionnelles et d’entreprise dont nous nous enrichissons construisent notre culture personnelle. Nous sommes ceux que nous côtoyons…

Et vous, de quelles cultures êtes-vous issus? Comment vous ont-elles enrichis ? En quoi vous ont-elles enfermés ?

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14 thoughts on “COMMENT SE CONSTRUIT NOTRE CULTURE PERSONNELLE?

  1. Bonjour,

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article. De sa lecture, j’ai tiré comme conséquence que tout au moins me concernant les jeux sont faites.
    Atmosphére familiale pésante à cause d’une communication inefficace, à son tour due à des facteurs culturels et éducationels ( une dictature laisse des effets plus durable qu’une révolution). A cela se rajoute l’immigration, une culture nationale renfermée sur elle même ( d’ou le désir d’évoluer et le choix de partir), une culture d’accueil hostile et méprisante à l’égard des différences. Tout ca courroné d’une culture professionnelle gouverné de la loi du plus fort. Pour ma part, je me sent épuisé d’entendre: » on est différents, mais tu sais ce n’est pas ta faute, c’est parce qu’on vient des cultures différents ». En tant qu’etrangére je me confronte souvent à deux approches différents: Je suis traité ou en victime à sauver, ou en ennemi. Tout sauf un égal.
    Je dois toujours expliquer mon étrangété et la raison d’y être dans la culture d’accueil et devant la culture nationale je dois aussi argumenter mes choix. J’ai l’impression que je vis dans un binôme: « T’es avec nous ou tu es contre nous », alors que tout ce que je désire c’est de pouvoir communiquer librement au déla de ces carcans prédéfiniés qui emprisonnent l’esprit mais qui laissent apparaitre l’illusion d’un equilibre. Finalement vouloir aller au déla de ces influences nous exposent à la solitude.

    Qu’en pensez vous, pouvons-nous échapper a ses cultures? Quel chemin proposez-vous?

    Merci,
    Raluca

    • Chère Raluca,

      Vous avez une énergie qui fait plaisir à voir. Merci pour cela.

      Oui, on peut échapper à ses cultures. Plus exactement, on peut choisir, à l’âge adulte, les cultures que l’on souhaite dans sa vie. Si nous sommes avant tout des êtres sociaux, qui ont donc besoin des autres pour vivre, nous sommes aussi ceux que nous cotôyons. Or, les personnes que nous cotôyons sont de notre responsabilité. Ce choix de ne plus cotôyer les gens qui nous sont toxiques nous appartient.

      Le chemin le plus facile que je connaisse pour s’enrichir de nos différences au lieu de les opposer, est ce que j’appelle la troisième voie, celle qui se situe entre le Oui et le Non, celle du Oui, à condition que. C’est la voie du ET, par opposition à celle du OU.
      Dans votre phrase « t’es pour OU t’es contre », il n’y a pas de vrai choix. C’est comme dans le « c’est oui OU c’est non ». C’est ce que j’appelle la dictature du OU. La liberté du ET est de pouvoir être l’un et l’autre: « Je suis pour ton idée ET je suis contre la façon dont tu veux la mettre en oeuvre. Je te proposerais plutôt… ». « Oui, je viens dîner ce soir ET non, je ne resterai pas dormir ».

      Merci de cette occasion de rapp
      Si vous souhaitez aller plus loin, je suis à votre disposition au travers de la page contact de ce blog.

      Bonne continuation à vous,
      Bénédicte