COMMENT GUERIR DU PERFECTIONNISME ?

Petite, je suis tombée dans le perfectionnisme sans le savoir. Ce n’est que bien des années plus tard que j’ai compris que cela me pourrissait la vie. Heureusement, j’ai trouvé sur mon chemin des personnes bienveillantes qui m’ont aidée à m’en débarrasser.

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Au-delà du besoin d’être, ou de sembler, parfait, le perfectionnisme consiste à entretenir des normes irréalistes et à se juger, soi-même ainsi que son entourage, comme incapables de les atteindre. Ces normes correspondent à des niveaux d’exigence intenables.

1 – Reconnaître le perfectionnisme pour ce qu’il est

Le perfectionnisme devient néfaste, pour soi et pour son entourage, quand le mieux devient l’ennemi du bien. A vouloir toujours faire mieux, le perfectionniste entre dans des boucles infinies que l’on peut détecter :

  • Au niveau du stress: Mobilisé par un besoin urgent de faire, de défaire, de refaire, le perfectionniste est comme envahi par le sentiment qu’il ne va pas y arriver. De plus, il n’y a que lui qui peut faire, personne ne peut l’aider, les autres n’étant pas capables d’atteindre le niveau d’exigence qu’il s’est fixé.
  • Au niveau du contenu : Il y a toujours possibilité de s’améliorer. Le perfectionniste ne laisse passer aucune erreur: il les voit toutes et se sent obligé de les corriger. Il a constamment des idées pour faire mieux. Il est câblé pour ça. C’est son mode de fonctionnement.

2 – Se souvenir de la loi des 80/20

Pour un perfectionniste, la loi des 80/20 pourrait s’énoncer comme telle : il faut 20% du temps pour réaliser 80% de la tâche et 80% du temps pour finaliser les 20% restant.

La deuxième étape de la guérison est la plus difficile. Elle consiste à considérer qu’un objectif est atteint quand il est réalisé à 80%. Le but n’est donc plus 100% de résultat mais seulement 80%. Etrange, n’est-ce-pas ? La clé consiste à comprendre que, pour un perfectionniste, la barre des 80% est déjà au-delà des 100% de la norme socialement admise.

On retrouve dans les 20% la notion de boucles infinies. Ces 20% sont de la recherche de perfection pure, coûtent du temps et de l’énergie. En revanche, ils n’apportent rien puisqu’ils se situent au-delà de ce qui est attendu.

3 – Se conformer à la demande

Une fois que le perfectionniste a compris que sa propre norme est bien plus élevée que celles des autres, la question fondamentale devient : Où se situe la « vraie » norme ? Il est impossible pour un perfectionniste d’accepter l’idée de se retrouver en dessous de la norme. Alors, comment descendre sa référence sans se mettre en danger de passer hors jeu ?

La troisième étape consiste à s’en remettre à l’autre pour connaître la norme. En testant constamment auprès de l’autre le niveau d’exigence attendu, ce dernier devient le garant de la qualité du travail fourni. C’est ainsi que, pas à pas, expérience après expérience, le perfectionniste apprend et accepte de baisser sa norme pour la caler sur celle de l’autre.

4 – Etre bon élève, ça ne sert à rien

Le bon élève, c’est le chouchou de la maîtresse de nos bancs d’école. Vous savez, celui qui fait toujours bien, qui connaît toutes les réponses et qui est toujours prêt. Pour les autres, il est la preuve ambulante qu’ils ne pourront jamais faire aussi bien. De quoi, lui en vouloir, non ?

En entreprise, c’est pareil. Ca devient pire quand le chef lui-même se sent challengé par ce collaborateur qui fait tout bien, qui propose sans cesse des améliorations et qui, en plus, à l’outrecuidance d’avoir raison !

Comme à l’école, personne en entreprise ne va expliquer au perfectionniste ce qu’on lui reproche vraiment : cette quête incessante du parfait, éreintante pour ceux qui veulent la suivre.

5  – Vaincre sa peur de devenir mauvais élève

Amis perfectionnistes, rassurez-vous, il n’y a aucun risque. Quand on est perfectionniste, on garde cet amour du travail bien fait. La seule chose qui importe, c’est de se maintenir dans une norme socialement acceptable et profiter des bénéfices associés.

Guérir de son perfectionnisme, c’est adapter son niveau d’exigence aux contextes et aux situations. C’est prendre en compte le besoin et l’attente de l’autre dans la définition des normes de satisfaction.

Le perfectionniste guéri garde toute sa capacité d’organisation, sa minutie et son côté quasi visionnaire lorsqu’il s’agit d’explorer des pistes d’amélioration. La seule différence est dans sa discrétion et sa capacité à ne pas perturber les autres.

Un perfectionniste repenti est un perfectionniste remarquablement efficace, que personne ne remarque !

Et vous, quel type de perfectionniste êtes-vous ? Que faites-vous pour que cela ne gène pas les autres ?

Cet article participe à l’évènement « A la Croisée des Blogs » organisé par Développement Personnel, et lancé ce mois-ci par le site Forme Sante Idéale sur le thème « Histoire de guérison ».

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10 thoughts on “COMMENT GUERIR DU PERFECTIONNISME ?

  1. Bonjour Bénédicte et merci de ta participation
    à cette Croisée. Le perfectionnisme est effectivement
    une véritable attitude défensive.
    En pensant qu’on peut faire mieux, on retrouve
    un certain pouvoir: celui de s’améliorer!
    La cause est souvent dans la petite enfance à un
    moment de notre vie où nous étions impuissants
    à trouver du pouvoir et nous étions soumis à de
    gros stress dans l’impuissance la plus totale.
    par le perfectionnisme, nous cherchons à nous
    débarrasser de ce souvenir alors qu’il est « engrammé »
    dans notre mémoire cellulaire.

  2. Bonjour Bénédicte, je vais dire que tant que ça ne tourne pas à l’obsession, le perfectionnisme est utile car je trouve intéressant cette recherche de l’amélioration au quotidien. J’aime améliorer les choses et tenter de nouvelles façons pour voir si ça me convient mieux ou pas. Ca me permet de mieux me connaître et j’aime bien cette recherche là. J’ai compris que tout le monde ne fonctionne pas de cette façon et je ne juge pas les autres. Moi j’en ai besoin pour avancer sur mon chemin, je m’applique à faire chaque fois de mon mieux et je suis contente que mon mieux s’améliore au fil des jours, ça me permet de pousser de nouvelles portes…

    zenie

    • Bonjour Zénie,

      J’aime ton idée d’obsession. C’est certainement un excellent moyen de savoir que l’on commence à envahir les autres avec notre envie de faire mieux.
      Merci de ta contribution.

  3. Bonjour Bénédicte,
    Je découvre ton site avec grand plaisir, depuis un mobile c’est top !
    Bravo.
    Je commence par « la guérison du perfectionnisme » … Sans doute pas un hasard.
    Je le pratique depuis longtemps, le revendiquant même histoire de justifier ma façon d’être. Mais… Effectivement… Je réalise depuis quelques temps combien cela peut être pesant pour mon entourage et pour moi par effet miroir. Au niveau professionnel ça va encore, même si je ressent un certain agacement parfois quand « j’ai encore raison », heureusement qu’une certaine maîtrise de la diplomatie adoucie les rapports… Croire qu’il est possible de tirer les autres vers le haut en montrant l’exemple par un niveau d’exigence toujours plus élevé semble réellement vain. Surtout quand effectivement la mesure et la motivation sont faussées (petite enfance ? Ah oui ? Non?!?!? :-) ). Au final énormément de frustration, d’incompréhension et de découragement… Une fois de plus, une petite remise en question et quelques références bienveillantes peuvent faire la différence. S’améliorer en «  » »descendant » » » retrouver les autres et retrouver la bonne mesure ? Certes étrange pour un perfectionniste, mais sans doute très réconfortant et apaisant d’être à nouveau compris et abordable, ça donne envie de tester une nouvelle approche. Devenir meilleur ne signifierait donc pas « toujours faire mieux » ??? Très intéressant !
    Bref, je vais digérer un peu toutes ses réflexions et revenir vite parcourir ce blog !
    À bientôt donc et bonne continuation.

    • Merci Wilfrid pour ce témoignage.
      J’aime ta phrase : »Devenir meilleur ne signifierait donc pas « toujours faire mieux » ? ».
      Pour un perfectionniste, même repenti, elle ouvre une porte sur un champ de possibles encore inexplorés.
      Bon courage sur ton chemin

  4. Bonjour, j’aimerai savoir si il y a des personnes pour nous aider à guérir de ce problème.
    J’ai beau me dire que je suis perfectionniste que le monde n’est pas parfait cela me conforte un moment mais dès que j’y repense c’est reparti.
    Mes plus gros problèmes sont niveau écriture, si je fais une faute de frappe sur PC ou que j’écris mal il va me falloir effacer et recommencé et le pire c’est qu’il faut que les autres aussi ne fassent pas de fautes.